Spécialiste de l'emploi dans
l'hôtellerie, la restauration et les loisirs

 


 

 

 

31/05/2016 - 

Euro 2016 : Inquiétude des professionnels de l’hôtellerie,  de la restauration et du tourisme -

Quelle image de notre pays donnons-nous à l’étranger ?

Entre les grèves qui paralysent petit à petit  le pays : la SNCF, La RATP, l'aviation civile, les blocages des stations-services et donc la pénurie d’essence rendant la possibilité de  circuler en France plus qu’incertaine. Les manifestations, et les images de casseurs mettant les villes à feu et à sang, diffusées en boucle sur toutes les télévisions dans le monde, les risques d’attentats, dont on dit qu’ils sont  importants,

Qui, parmi les touristes étrangers, aura encore envie de venir voir les matches de l’Euro 2016 en France ?

Les hôteliers et restaurateurs espéraient qu’après les attentats de Novembre, l’Euro serait une bouffée d’oxygène pour le tourisme en France. Or les taux d’occupation dans l’hôtellerie sont redescendus au niveau de ceux de décembre 2015 (d’après les attentats) les tarifs ont baissé de 22 %. Si la situation ne s’améliore pas  c’est notre capacité à organiser des grands évènements qui sera mise en cause  et c’est l’ensemble de la filière du tourisme, des loisirs et du commerce qui sera pénalisée.

Les différentes organisations et syndicats du tourisme et de l’hôtellerie-restauration sont très inquiets :
-          Le Comité Régional du Tourisme (CRT) indique que  les chiffres de fréquentation des touristes étrangers au 1er trimestre 2016 baissent de manière significative :
-          -56% de japonais
-          -35% de russes
-          -24% d’italiens
-          -13,9 % de chinois
"Les évènements sociaux et les scènes de guérilla en plein Paris relayés dans le monde entier renforcent le sentiment de crainte et d’incompréhension des visiteurs dans un contexte déjà anxiogène suite à la prolongation de l’état d’urgence" s'inquiète le CRT.

-          Le GNI (Groupement national des indépendants, au service des hôtels, cafés, restaurants, traiteurs organisateurs de réception et établissements de nuit indépendants et patrimoniaux) déclare pour sa part : "Il n’est plus possible que notre pays pâtisse dans et hors ses frontières d’une situation chaotique et d’une image déplorable qui gênent les touristes hexagonaux et qui dissuadent les touristes étrangers de venir" . le GNI  estime « qu’une grève d’une telle ampleur à quelques semaines de l’Euro est plus qu’inadmissible » et redoute même le départ anticipé des touristes étrangers et des annulations massives de séjours.

-          L’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) dans un communiqué publié mercredi 25 mai, tire la sonnette d’alarme. « Dans les départements, les blocages, les grèves, mettent nos adhérents dans une situation périlleuse, confrontés à des problèmes d’approvisionnement et d’annulation importants de réservations pour le week-end à venir »,
« Au niveau national, les grèves, la pénurie, les blocages, les violences dans les manifestations reprises en boucle par les chaînes d’information en France et à l’étranger véhiculent des images aux conséquences néfastes pour la destination France, déjà très affectée par les événements tragiques du 13 novembre dernier », ajoute le syndicat professionnel.

-          Au Synhorcat  (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers, traiteurs ..) Vincent Sitz, déclare : « Je crois que même si cela s'arrêtait demain, le mal est quand même déjà un peu fait. Les images qui sont passées à l'étranger font peur. Quand vous voyez une voiture de police brûler, cela ne vous invite pas à venir dans le pays concerné. Les images mettront du temps à être effacées ».

Au-delà de notre image,  c’est aussi  l’enjeu en termes d’emploi en France qui se joue, la déclaration du GNI dans un communiqué publié sur le site du Synhorcat  est sans équivoque à ce sujet :
«  Très respectueux du droit de grève et de la liberté d’expression, le GNI condamne néanmoins fermement tous les débordements et toutes les entraves à la liberté de travailler et de circuler.
Chaque partie prenante de l’actuel conflit social doit prendre la pleine mesure de la situation et tout mettre en œuvre pour une sortie de crise rapide, sans compromettre l’avenir de notre pays tant aux plans économique, social qu’en terme d’image. On ne peut pas impunément sacrifier le secteur du tourisme qui représente plus de 7% du PIB de l’économie nationale et deux millions d’emplois non délocalisables ! »