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Une reprise du tourisme en 2021 ? :

Pertes pour le tourisme français :

Par rapport à 2019, ce sont 60 milliards d’euros de recettes touristiques  (soit 1/3)  qui manquent en 2020  : « La Covid-19 a fait chuter les recettes en France en 2020 », a indiqué le secrétaire d’Etat au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.

Le quart de ce manque à gagner est à imputer à la restauration avec 15 milliards euros de pertes,
Vient ensuite La filière Transport avec des pertes estimées à 14 milliards d’euros.
Puis l’hébergement marchand (hôtels, campings, résidences de tourisme, location de meublés…), pour lequel de 12 milliards d’euros de recettes font défaut.

L’événementiel a aussi subit la crise de plein fouet, avec des pertes chiffrées à 10 milliards d’euros
Enfin près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sont perdus pour le secteur des agences de voyages et des Tours opérateurs ,
Selon des estimations d’Atout France ce sont les recettes générées par les voyageurs étrangers qui ont le plus impacté cette baisse (-52%) contre (-48%) pour les recettes domestiques.
 
L’analyse par région fait ressortir que :  la chute des recettes touristiques internationales a fortement frappé l'Ile-de-France (- 23,1 milliards d'euros) mais aussi les régions Auvergne-Rhône-Alpes (- 7,2 milliards d'euros), Provence-Alpes-Côte d'Azur (- 6,7 milliards), Occitanie (- 4,5 milliards) et Nouvelle Aquitaine (-4,1 milliards).
Le manque à gagner s'est élevé à 2,6 milliards d'euros pour les Hauts-de-France, 2 milliards pour la Bretagne comme les Pays de la Loire, ou encore à 800 millions pour la Corse.

Toutefois, il convient de noter que la clientèle européenne, qui avait généré 69% des recettes touristiques en France en 2019,  est montée à 81% l'an dernier.

 Pour 2021, Atout France table sur 111 milliards d’euros de recettes touristiques, ce qui représenterait un rebond de 25% comparé à 2020 (+48% pour la clientèle internationale et +16% pour la clientèle domestique). 

La situation des bars, restaurants et des stations de ski :

On estime que 30 % des restaurateurs et patrons de bars et de cafés sont en grande difficulté .
D’autant plus qu’ils resteront fermés au moins jusqu’à mi-février, comme l’a indiqué Didier Chenet, président du GNI, le syndicat patronal des indépendants de l’hôtellerie restauration, « cette date de mi-février n’est pas une certitude, loin de là. C’est extrêmement angoissant : les professionnels auront été fermés huit mois minimum, sur un an, et on ne voit pas de perspectives : certains sont en train de craquer, à la limite du désespoir ».

Et les prévisions pour l'année 2021 sont catastrophiques. Le sénateur LR de l'Indre-et-Loire Serge Barbary, relayé par Publicsenat.fr, estime que 40 % des bars et restaurants pourraient ne pas rouvrir en 2021 : "la situation de ces établissements va devenir dramatique à partir de maintenant. La période difficile ça va être février-mars, quand ces entreprises auront épuisé leurs trésoreries
 
A la montagne :  La fermeture des remontées mécaniques des stations de ski, désormais prolongée tout janvier, suscite la plus vive inquiétude des professionnels de la montagne :

Alors que la filière, qui représente 120.000 emplois dont 90.000 pour les seules Alpes du Nord, avait difficilement admis le « sacrifice » des vacances de Noël, la non-ouverture des remontées mécaniques pour celles de février serait un coup autrement plus rude encore.

le président de l'Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), Jean-Luc Boch, a réagi avec émotion aux propos de Jean Castex après qu’il ait annoncé le prolongement, jusqu'à la fin janvier, de la fermeture - notamment - des remontées mécaniques :

« C'est une catastrophe. C'est la peur d'aller vers la ''saison blanche''. On va perdre la montagne française. On risque de perdre 50 % des hébergeurs, 50 % des commerçants. Certains pourraient perdre vingt ans d'efforts en un seul hiver. Je n'ai pas été élu pour cela »,
Selon l'ANMSM, le taux d'occupation moyen dans les stations pour la période de Noël et du Nouvel An est ainsi tombé à 25 %, soit un retrait de 56 points par rapport à la même période en 2019-2020. Ce qui représente une perte de 1,5 milliard de chiffre d'affaires au cours de cette période .

Face à ces situations catastrophiques, le premier ministre a voulu se montrer rassurant avec les propriétaires de restaurants et de bars. Il a ainsi déclaré : "Pendant toute cette période de fermeture et d'activité limitées, le gouvernement continuera à soutenir économiquement l'ensemble des secteurs et des acteurs qui sont impactés directement par nos mesures. Qu'il s'agisse du recours à l'activité partielle, au prêt garanti par l'Etat, au fonds de solidarité rénové, aux différentes aides sectorielles, tous nos dispositifs seront maintenus dans les mêmes conditions et les ministres compétents seront chargés de rencontrer les filières concernées pour examiner d'éventuels besoins d'accompagnement complémentaire, notamment pour les secteurs qui sont fermés pour une très longue durée." 

La ministre du Travail Elisabeth Borne a également annoncé une aide exceptionnelle de 900 euros par mois jusqu'en février 2021, pour les saisonniers, les contrats-courts comme les extras dans la restauration, et certains intérimaires pénalisés par la fermeture des bars et restaurants. Enfin, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait annoncé la mise en place d'autres aides si les restaurants étaient amenés à ne pas rouvrir le 20 janvier 2020, ce qui est désormais le cas. "On couvre toutes les charges fixes et s'il le faut, nous ferons plus", avait-il martelé. 

 

Ecrit le 12/01/2021