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Perspectives et difficultés pour la saison d'hiver 21 :

A la montagne, bien que les réservations soient, à ce jour, en retard par rapport à 2019, les professionnels de l’hôtellerie restauration restent optimistes et, après la saison blanche 2020/2021, ils se préparent à une hausse exceptionnelle de l’affluence dans les stations de sports d’hiver.

L’enjeu pour les hôteliers et restaurateurs est de recruter rapidement des saisonniers .
Chaque année les 250 stations de ski françaises embauchent 15 000 employés saisonniers tous secteurs confondus.

Or la crise sanitaire a profondément modifié le rapport au travail, avec la possibilité de télétravailler , la fermeture des restaurants et de beaucoup d’hôtels, les employés du secteur se sont tournés vers d’autres métiers accroissant encore les difficultés de recrutement dans l’hôtellerie-restauration.

Plusieurs solutions sont envisagées pour rendre le secteur plus attractif. L’UMIH (union des métiers des industries de l’hôtellerie) par la voix du président de la branche des saisonniers : Thierry Grégoire, propose d’augmenter les salaires entre 6% et  9% , avec éventuellement un treizième mois, une prime d’intéressement aux résultats de l’entreprise, voire un week-end par mois sans travail.

Cette solution est-elle viable ? les professionnels sont inquiets car une hausse des salaires sans augmentation des tarifs aboutit à une profitabilité réduite de moitié. Il faudrait donc augmenter les prix et/ou repenser l’organisation du travail, en réduisant le nombre d’heures travaillées .

Le président Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé la défiscalisation des pourboires par carte bancaire « dans les prochains mois », lors d’une visite au Salon international de la restauration au 27 septembre dernier. « Cela va vous permettre d’attirer plus de jeunes et de moins jeunes pour leur dire : « tu peux gagner plus que le salaire et le bonus que je te verse » », a espéré le chef de l’État, qui tente de rassurer le secteur.

L’augmentation des rémunérations est l'une des pistes proposées pour résoudre les difficultés de recrutement que rencontre le secteur de l’hôtellerie-restauration. Pourtant, la rémunération n’est plus dans le top 5 des raisons d’être satisfait au travail selon un sondage Opinion Way pour Hub One réalisé en 2018. Même si, depuis, nous avons vécu une crise sanitaire sans précédent, il n’en reste pas moins que ce classement est toujours d’actualité. L’ambiance bienveillante et conviviale avec les collègues est le premier motif de satisfaction des salariés, suivi par l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Enfin, compte-tenu de la pénurie de personnel, le secteur va  devoir intégrer et former de nouveaux professionnels non qualifiés .
Or la formation en France aujourd’hui qui est proposée par pôle emploi, ou par les régions, ne semble pas adaptée .

Pour Eric Chevée vice-président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) il faudrait intégrer la formation au sein de l’entreprise.

le Premier ministre Jean Castex a dévoilé un plan de déblocage lundi 27 septembre, qui consiste en un investissement de 600 millions d’euros pour « booster » la formation des salariés par les PME et un plan de 560 millions d’euros supplémentaires pour former les demandeurs d’emploi en 2022, dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), lancé au début du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Espérons que ces mesures débloqueront la situation et permettront aux professionnels de l’hôtellerie-restauration de recruter pour la saison d’hiver.

Ecrit le 19/10/2021