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13/06/2017 -

En 2017, comment faire évoluer le tourisme vers le monde de demain ?

Tourisme en France – un premier semestre encourageant :

Après une année 2016 particulièrement difficile (-3% de touristes étrangers versus 2015), le tourisme en France a retrouvé le sourire, en ce 1er semestre 2017.

Il fait beau, les touristes étrangers deviennent plus « fatalistes » quant au risque d’attentat, d’autant plus qu’il est largement partagé par tous les pays dans le monde. L’effet Macron donne de la France une image dynamique, le français semblent croire en un avenir meilleur et ce « vent d’optimisme » est ressenti par nos visiteurs.

De fait, Nice a vu sa fréquentation augmenter de 7 % depuis le début d’année, le Futuroscope a enregistré une hausse de ses entrées de 10 % en Avril, les demandes de visas touristiques ont augmenté de 32 %. Les taux d’occupation des hôtels sur la côte d’Azur, comme à Paris sont respectivement de 90% et 80 % ! Dans les grands magasins les touristes étrangers sont de retour …

Du côté des sites de location entre particuliers : même constat le 1er trimestre a été très bon.

Mais si le tourisme se porte mieux, il faut toutefois consolider ces bons résultats pour atteindre et franchir la barre des 100 millions de visiteurs étrangers en 2020.
D’autant plus que de nombreux pays ont des stratégies de développement de leur industrie touristique : les USA en ont fait une cause nationale, l’Espagne et la Chine sont des challengers très actifs, des villes comme Londres, Dublin, Dubaï sont très attractives aux yeux des touristes.

Or nous avons tendance à trop compter sur notre gastronomie, nos sites naturels, la magie de Paris. Les jeunes clients étrangers (qui représenteront 25 % des touristes en 2020), ont des attentes différentes de leurs aînés qu’il faut s’atteler rapidement à satisfaire afin de maintenir notre place de leader.

Les Millénials veulent de l’émotion, de l’authenticité. Il faut leur proposer de l’inédit en rapport avec l’écotourisme, le sport, les sensations fortes. Ils aiment faire la fête dans des quartiers branchés, se divertir avec la jeunesse française. Ils attendent des réponses instantanées que seul le numérique leur apportera.

Dans le cadre d’une réflexion sur le tourisme de demain, l’institut Montaigne avait fait 12 propositions en 2014. En Mars, cette année l’institut a fait un bilan des avancées.


Analyse et préconisations de l’Institut Montaigne pour le tourisme :

Beaucoup des préconisations de 2014 sont en cours de mise en œuvre, parmi lesquelles : définir une stratégie en établissant un plan marketing par segment de clientèle étrangère. Promouvoir des marques ‘french riviera », « Bordeaux and Wine régions » …Développer des marques régionales, créer des sites internet pour promouvoir ces nouvelles marques. Favoriser l’accessibilité aux aéroports et le bon déroulement du circuit passagers à l’arrivée et au départ (détaxe …) Développer une culture du service afin de faire évoluer l’état d’esprit des français au sujet des métiers de l’hôtellerie. Créer une brigade touristique afin de mieux protéger nos visiteurs étrangers, simplifier la politique des visas, favoriser le tourisme de « shoping » en permettant aux commerces d’ouvrir le dimanche, augmenter la capacité hôtelière.

Les préconisations de l’Institut en 2017 :

Il insiste sur 3 point :

1-    L’importance du numérique dans le tourisme qui a largement démontré son efficacité en matière de promotion.

Le numérique joue un rôle très important dans l’accessibilité d’offres « rares », en créant des expériences nouvelles.
Le numérique joue aussi un rôle considérable dans la réputation des sites. 54 % des américains déclarent être influencés dans leur choix par des photos ou des vidéos postées par des voyageurs. 40 % des touristes partagent leur expérience sur les réseaux sociaux.

2-    Pour l’institut, il est indispensable de développer une stratégie centrée sur les attentes des touristes et non sur l’offre.

C’est la raison pour laquelle il faut segmenter la clientèle et construire des offres adaptées aux besoins de chaque segment, pour ensuite en faire la promotion.

3-    Enfin, il ne faut pas sous-estimer le rôle ni l’importance de l’économie de partage (27 % des visiteurs étrangers y ont recours, 10 % pour l’hébergement, 18% pour le transport).

Cette économie doit avoir sa place dans l’offre touristique car elle permet de diversifier l’offre, d’ouvrir des capacités supplémentaires dans des zones tendues, de répondre aux besoins spécifiques de certains segments de clientèle.
Elle est de mieux en mieux encadrée, il faut maintenant veiller à la bonne application de la loi par ces nouveaux acteurs.

Il ne faut pas se tromper de concurrents, c’est avec les autres destinations au niveau international que les acteurs traditionnels du tourisme doivent batailler pour être compétitifs. Il faut donc que l’état français donne à l’hôtellerie-restauration les moyens d’investir dans l’innovation en simplifiant et allégeant la réglementation qui leur incombe et en évaluant son utilité à l’aune de la valeur ajoutée touristique pour le pays.